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Journée d’étude « Penser la réduction des risques et des dommages pour accompagner les personnes vulnérables »

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Argumentaire

La réduction des risques et des dommages (RDRD) est apparue au début des années 1980 en réponse aux risques sanitaires liés aux contaminations du VIH. D’actions concrètes et des pratiques de terrain dans les domaines de l’infectiologie et de l’addictologie, la RDRD s’est imposée comme un modèle de politiques de santé publique. Progressivement, elle s’est élargie à d’autres conduites addictives telles que la consommation de tabac, les conduites sexuelles à risque, les jeux ou l’usage des écrans.

Une des idées fortes de la RDRD est d’accompagner les personnes là où elles en sont en reconnaissant notamment que l’arrêt de la consommation ou de toute conduite à risque n’est pas toujours possible ou souhaitée par les personnes concernées. Rompant avec l’idéal de sevrage, la RDRD promeut une approche de santé publique qui soutient les personnes dans la modulation de leurs conduites en mobilisant leurs ressources. Ainsi, afin de (re)devenir actrices de leurs propres parcours, leurs paroles, temporalités, envies et savoirs expérientiels sont davantage pris en compte. Le travail pair s’ancre dans cette logique et, à partir de l’addictologie, se développe dans les domaines de la santé mentale, de la migration et de l’action sociale.

Prévenir les troubles, les ruptures, les crises, la violence… La RDRD doit être aujourd’hui envisagée comme une véritable philosophie de prise en charge dans les champs social et sanitaire. Depuis une trentaine d’années, ses valeurs – le non-jugement, l’absence d’exigence ou encore l’inconditionnalité de l’accompagnement – ont une influence durable sur les pratiques des professionnels de l’accompagnement social et médico-social.

Toutefois, si la RDRD se destine à tous, une attention particulière doit être portée aux publics concernés par la vulnérabilité et la précarité. En effet, pour ces derniers, les conduites à risque relèvent souvent de stratégies d’adaptation leur permettant de mieux tolérer leur quotidien face à des parcours et des expériences traumatiques ainsi que des conditions de vie difficiles – la vie à la rue, l’incarcération, le travail du sexe. Accompagner selon ces principes se révèle être un défi pour les professionnels, parfois peu formés à ce type de pratiques, ou encore aux différents produits et leurs effets. De plus, en prise avec leurs propres représentations et vécus, ces derniers sont également confrontés aux adaptations nécessaires de leurs pratiques pour mettre en œuvre un accompagnement avec une approche RDRD.

Cette journée d’étude viendra questionner les pratiques de RDRD menées auprès de publics en situation de précarité et de vulnérabilité. Une première table ronde nous permettra d’approfondir les principes et l’évolution des pratiques de RDRD. Une seconde table ronde traitera plus précisément les spécificités et les enjeux de l’accompagnement des publics précaires et vulnérables. L’après-midi sera rythmée par des ateliers pour illustrer ces pratiques au sujet de l’hébergement et des consommations, l’accompagnement des travailleurs du sexe, les pratiques d’aller vers, la détention et les spécificités de l’accompagnement des jeunes.

La journée d’étude aura lieu le mardi 2 juillet, de 9 h à 16 h 30, au CH Le Vinatier à Lyon-Bron. Le programme est en cours d’édition. Les inscriptions seront ouvertes prochainement.