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Les soirées cliniques « Rêver malgré tout : la question du rêve et du sommeil en situation de migration »

Avec le soutien de l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, l’Orspere-Samdarra porte, depuis 2018, un groupe d’échange et de réflexion clinique à destination des professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues, infirmiers…).

Inscription en cours

Rêver, faire des cauchemars, ne plus rêver ou ne plus dormir : la question du rêve et du sommeil occupe une place centrale dans les soins psychiques en contexte de migration. Elle met en jeu à la fois la vie psychique, le corps, les conditions sociales d’existence et les références culturelles à partir desquelles les personnes donnent sens à leurs éprouvés nocturnes.

Cette année, les soirées cliniques de l’Orspere-Samdarra proposent d’explorer conjointement le rêve, la rêverie et le sommeil en tenant compte des réalités sociales souvent marquées par la précarité : le sommeil à la rue, en hébergement d’urgence, l’insécurité nocturne, les ruptures de rythmes ou l’hypervigilance. Les cauchemars, les insomnies, les rêves fragmentés ou absents seront interrogés comme des expressions cliniques situées, à la croisée des trajectoires migratoires, des vécus traumatiques et des contextes de vie.

Au-delà des rêves nocturnes, une attention particulière sera portée aux formes de rêverie, parfois éveillées, parfois empêchées, comme des espaces possibles de continuité psychique, de mise en sens et de projection. Comment, malgré tout, soutenir une capacité à rêver, à imaginer, à se représenter un avenir, lorsque le sommeil lui-même est fragilisé ?

À partir de situations cliniques issues des pratiques des intervenant·e·s, ces soirées offriront un espace de réflexion partagée pour croiser des approches cliniques, transculturelles et sociales, et penser ensemble la place du rêve et du sommeil comme enjeux majeurs du soin psychique en situation de migration.

Les soirées cliniques se déroulent mensuellement les jeudis de 18 h 30 à 20 h 00.

Présentiel : L’espace, 275 rue André Philip, Lyon 3.

Webinaire : Le lien de la visioconférence vous sera communiqué après votre inscription

Les inscriptions sont ouvertes quelques semaines avant chaque soirée clinique. Le programme détaillé est également diffusé au fur et à mesure.

Programme des soirées cliniques 2026

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« La nuit en anthropologie et en clinique : éléments de psychopathologie transculturelle des traumatismes psychiques » le jeudi 22 janvier 2026, événement en ligne

Intervention de Charles Di, docteur en psychopathologie, psychologue clinicien à l’hôpital Jean-Verdier (Bondy), chargé d’enseignement à l’Université catholique d’Angers, à Paris 8 et à l’Université catholique de Lille.

À partir de sa thèse en psychopathologie soutenue en 2011 sous la direction de Marie Rose Moro, Charles Di explore la manière dont les traumatismes psychiques s’expriment la nuit chez les personnes migrantes.

Ses travaux montrent que les manifestations nocturnes ne se limitent pas aux cauchemars, mais peuvent prendre la forme de frayeurs, d’apparitions, de sensations de présence, de transes ou d’attaques nocturnes, souvent perçues comme les plus difficiles à vivre.

Ces phénomènes sont étroitement liés aux représentations culturelles de la nuit, du monde invisible, des figures protectrices ou persécutantes et des formes culturelles du rêve. Ils constituent un espace privilégié où se rejouent, se condensent et tentent parfois de se transformer les traces traumatiques de l’exil.

L’intervention propose de penser la nuit comme un objet clinique à part entière. Elle invite les professionnels à écouter et à travailler ces manifestations nocturnes non seulement comme des symptômes, mais aussi comme des récits et des formes culturelles de traitement du traumatisme.

Cette soirée clinique offrira des repères pour accueillir ces expériences, comprendre leur codage culturel et les intégrer dans l’accompagnement psychique des personnes migrantes.

« Rêver la vie à l’étranger », le jeudi 26 février 2026, événement en ligne

Intervention de Victor de Jesus S. Costa, psychologue clinicien, diplômé de l’Universidade de Brasília (Brésil), titulaire d’un master en psychologie clinique de l’Université pontificale catholique de São Paulo et doctorant en psychologie à l’Université Sorbonne Paris Nord.
Comment pouvons-nous rêver ensemble ? Cette intervention propose de réfléchir à cette question en se basant sur l’expérience de personnes migrantes. Les parcours migratoires sont marqués par des changements profonds, des ruptures, ainsi que des situations d’instabilité. Ces impacts peuvent transformer la manière dont les personnes migrantes rêvent et comment elles redonnent du sens à ce qu’elles traversent.
Cette intervention comptera sur deux temps distincts. Dans un premier temps, l’intervenant présentera les différentes manières de penser le rêve dans le champ psychanalytique tout en cherchant à élargir et à nuancer le modèle freudien de l’interprétation des rêves. Son propos s’appuiera notamment sur les travaux de Sándor Ferenczi, Wilfred R. Bion et René Kaës. Ces derniers permettent de penser la dimension d’élaboration psychique et collective du rêve en le considérant bien plus qu’un phénomène individuel.
Les matériaux issus des rêves sont particulièrement précieux dans des contextes où les repères sont bouleversés et fragilisés.
Dans un second temps, l’intervenant présentera une expérience clinique basée sur le rêve groupal menée auprès de Brésiliens vivant à l’étranger. Ce dispositif invite les participants à partager leurs rêves, puis à réfléchir ensemble, à partir de leurs récits, sur leur expérience de vie à l’étranger afin de mieux la comprendre. Ainsi ce dispositif se base sur le rêve groupal, créé par le professeur Pablo Castanho (Université de São Paulo) pendant la pandémie de Covid-19, qui fonctionne en deux temps, soit un moment de partage libre des rêves et un temps d’échanges et d’associations, où les rêves sont pensés comme les éléments d’un « rêve commun ».
Cette intervention montrera comment le travail autour des rêves, en particulier dans un cadre groupal, peut aider à penser et à vivre le changement, l’instabilité et la transformation induits par l’expérience migratoire.
« Rêver la vie à l’étranger »
Le jeudi 26 février 2026 de 19h à 20h30
événement en ligne
50 places

« À quoi bon rêver ! » le jeudi 26 mars au Vinatier (Lyon-Bron)

Intervention de Patrick Lemoine, médecin et écrivain, psychiatre et spécialiste du sommeil, docteur en neurosciences et directeur de recherche à Lyon. L’intervenant exerce actuellement dans différentes institutions (cliniques et téléconsultations). Assez critique vis-à-vis des prises en charge médicamenteuses des troubles fonctionnels,
Patrick Lemoine valider d’autres approches, telles que la consommation de compléments alimentaires, de plantes ou de différents types de psychothérapies nouvelles (l’EMDR, l’hypnose, la méditation, l’EFT, Tipi, la transe cognitive, la sophrologie ou les groupes de parole).
La quasi-totalité des animaux dits à sang chaud, et même les poulpes, sont capables de produire du sommeil paradoxal. Il a été montré par Michel Jouvet, neurobiologiste, que, lors de ces épisodes, les animaux comme les humains vivent des rêves tout au long de leur vie et même in utero. Pourtant, ces moments particuliers sont particulièrement dangereux : au cours du sommeil paradoxal, les personnes sont paralysées, sourdes et aveugles, donc dans un état de grande vulnérabilité. Cette vulnérabilité du dormeur fait écho à des situations humaines où les protections habituelles sont fragilisées, notamment dans des contextes de précarité, de migration ou d’insécurité, mais aussi dans le cadre de situation traumatiques durant lesquels les sentiments d’exposition et d’impuissance sont centraux.
Dans ce contexte, le rêve peut perdre sa fonction apaisante et se transformer en cauchemar. Cela témoigne alors d’une tentative d’élaboration psychique des vécus traumatiques. Au 19è siècle, l’existence de cauchemars traumatolytiques – permettant de digérer l’événement traumatique – ont été observés. Toutefois, le traumatisme est parfois indigeste et se répète encore et encore. La personne ne désire plus dormir afin de ne pas revivre chaque nuit un viol, un braquage ou des actes de torture ni le sentiment de terreur. Les techniques d’EMDR, dans ce type de cas, peuvent à nouveau rendre le cauchemar digeste.
Dès lors, une question se pose : pourquoi l’évolution humaine conserve les phénomènes de sommeil, de rêve et de cauchemar alors mêmes qu’ils placent l’individu dans un état de vulnérabilité et de dépendance extrême à son environnement ? Cette question prend une résonance particulière lorsque nous pensons aux parcours marqués par l’exil, l’instabilité et les traumatismes, au sein desquels la possibilité même de rêver ou de sortir de la répétition cauchemardesque apparaît comme étant aussi menacée qu’essentielle à la vie psychique.
 
« À quoi bon rêver ! »
Le jeudi 26 mars 2026 de 18h30 à 20h
Salle Lugdunum – Bâtiment 415-416 (2ᵉ étage) Centre hospitalier Le Vinatier 95 boulevard Pinel 69500 Bron
20 places
INSCRIPTION À VENIR