Rêver, faire des cauchemars, ne plus rêver ou ne plus dormir : la question du rêve et du sommeil occupe une place centrale dans les soins psychiques en contexte de migration. Elle met en jeu à la fois la vie psychique, le corps, les conditions sociales d’existence et les références culturelles à partir desquelles les personnes donnent sens à leurs éprouvés nocturnes.
Cette année, les soirées cliniques de l’Orspere-Samdarra proposent d’explorer conjointement le rêve, la rêverie et le sommeil en tenant compte des réalités sociales souvent marquées par la précarité : le sommeil à la rue, en hébergement d’urgence, l’insécurité nocturne, les ruptures de rythmes ou l’hypervigilance. Les cauchemars, les insomnies, les rêves fragmentés ou absents seront interrogés comme des expressions cliniques situées, à la croisée des trajectoires migratoires, des vécus traumatiques et des contextes de vie.
Au-delà des rêves nocturnes, une attention particulière sera portée aux formes de rêverie, parfois éveillées, parfois empêchées, comme des espaces possibles de continuité psychique, de mise en sens et de projection. Comment, malgré tout, soutenir une capacité à rêver, à imaginer, à se représenter un avenir, lorsque le sommeil lui-même est fragilisé ?
À partir de situations cliniques issues des pratiques des intervenant·e·s, ces soirées offriront un espace de réflexion partagée pour croiser des approches cliniques, transculturelles et sociales, et penser ensemble la place du rêve et du sommeil comme enjeux majeurs du soin psychique en situation de migration.
Les soirées cliniques se déroulent mensuellement les jeudis de 18 h 30 à 20 h 00.
Présentiel : L’espace, 275 rue André Philip, Lyon 3.
Webinaire : Le lien de la visioconférence vous sera communiqué après votre inscription
Les inscriptions sont ouvertes quelques semaines avant chaque soirée clinique. Le programme détaillé est également diffusé au fur et à mesure.
Programme des soirées cliniques 2026
« La nuit en anthropologie et en clinique : éléments de psychopathologie transculturelle des traumatismes psychiques » le jeudi 22 janvier 2026, événement en ligne
Intervention de Charles Di, docteur en psychopathologie, psychologue clinicien à l’hôpital Jean-Verdier (Bondy), chargé d’enseignement à l’Université catholique d’Angers, à Paris 8 et à l’Université catholique de Lille.
À partir de sa thèse en psychopathologie soutenue en 2011 sous la direction de Marie Rose Moro, Charles Di explore la manière dont les traumatismes psychiques s’expriment la nuit chez les personnes migrantes.
Ses travaux montrent que les manifestations nocturnes ne se limitent pas aux cauchemars, mais peuvent prendre la forme de frayeurs, d’apparitions, de sensations de présence, de transes ou d’attaques nocturnes, souvent perçues comme les plus difficiles à vivre.
Ces phénomènes sont étroitement liés aux représentations culturelles de la nuit, du monde invisible, des figures protectrices ou persécutantes et des formes culturelles du rêve. Ils constituent un espace privilégié où se rejouent, se condensent et tentent parfois de se transformer les traces traumatiques de l’exil.
L’intervention propose de penser la nuit comme un objet clinique à part entière. Elle invite les professionnels à écouter et à travailler ces manifestations nocturnes non seulement comme des symptômes, mais aussi comme des récits et des formes culturelles de traitement du traumatisme.
Cette soirée clinique offrira des repères pour accueillir ces expériences, comprendre leur codage culturel et les intégrer dans l’accompagnement psychique des personnes migrantes.