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Femmes immigrées, victimes de violences basées sur le genre : quelle prise en charge dans les structures d’aide aux victimes en France ?

Gwendoline LARICI

Année de publication : 2022

Type de ressources : Mémoires et thèses - Thématique : PUBLIC MIGRANT, Santé publique, TRAVAIL SOCIAL

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Introduction

Les violences domestiques, qui peuvent être d’ordre psychologique, sexuel, économique, physique, social, ainsi que les violences sexuelles, sont des problématiques de santé publique et de droits de l’Homme. Elles se produisent dans tous les pays, toutes les sociétés et cela de tout temps. “Dans les contextes humanitaires, en raison des déplacements massifs et de l’effondrement des protections sociales, les femmes et les enfants qui sont des réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) ou qui sont autrement touchés par des crises humanitaires liées à des conflits ou des catastrophes naturelles, courent un risque accru [de subir des violences]”(Organisation Mondiale de la Santé [OMS], 2020). Les violences conjugales et les violences sexuelles constituent une violation des droits de l’Homme et du droit humanitaire international. La Convention d’Istanbul stipule d’ailleurs: « les femmes et les filles sont souvent exposées à des formes graves de violences telles que la violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol, […] lesquelles constituent une violation grave des droits humains des femmes et des filles et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes » (Conseil de l’Europe, 2011).

Par ailleurs, le taux élevé de ces violences est bien documenté. Concernant les violences conjugales, Daligand (2019, p.3) rapporte que 30% des femmes dans le monde en seraient victimes, « 10% des femmes en France ». Lessard, Montminy, Lesieux, Flynn, Roy, Gauthier et Fortin (2015) ajoutent que les violences conjugales sont les plus courantes parmi la multiplicité des formes de violences envers les femmes recensées par les organisations internationales. Concernant les violences sexuelles, d’après le recensement du Gouvernement, en 2019 “en moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui au cours d’une année sont victimes de viols et/ou de tentatives de viol est estimé à 94 000 femmes”. Ils ajoutent “qu’au début des années 2010, la France comptait environ 125 000 femmes adultes ayant subi des mutilations sexuelles”. Gynécologie Sans Frontières estime, quant à elle, que près de 70% des femmes exilées sont ou ont été victimes de violences (Guédon et Armagnat, 2022). On constate donc que les femmes sont majoritairement les victimes. C’est d’ailleurs pour cela qu’elles ont été catégorisées comme des violences basées sur le genre (VBG) ou violences sexistes. (…)

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