Contexte
Les questionnements soulevés par ce travail prennent leur source dans l’activité de
consultations que j’effectue pour la permanence d’accès aux soins de santé
psychiatrique de l’hôpital de Mulhouse.
Cette consultation est spécifiquement dédiée aux personnes n’ayant pas de couverture
sociale, ou une couverture sociale incomplète, ce qui compromet leur accès aux soins.
Ces prises en charges sont censées être temporaires et interstitielles : elles ne se
substituent pas au droit commun et sont supposées être une passerelle, dans l’attente
d’accéder à celui-ci.
De fait, l’immense majorité des patients qui sont reçus dans le cadre de ces
consultations sont des demandeurs d’asile primo-arrivants, qui auront droit à la PUMA et
à la CSS une fois qu’ils auront passé trois mois sur le territoire français. La prise en charge
à la PASS se poursuit tant que les droits ne sont pas en place.
J’exerce dans ce cadre en tant que psychiatre et médecin référent de l’équipe mobile
psychiatrie et précarité (EMPP), d’où émane cette activité. Les soignants de l’EMPP sont
amenés à partager ces temps de consultation avec moi ; surtout, ils ont une activité de
permanence dans les lieux d’accueil ou d’hébergement, et sont en première ligne pour
repérer les personnes sujettes à des troubles psychiatriques, et à les orienter. Ils
construisent ainsi un maillage qui permet aux patients d’être revus entre deux
consultations médicales, ou encore d’avoir des entretiens dans des lieux « tiers », non
hospitaliers.(…)